La Supérette-Maison des Arts de Malakoff (92)

PAR JULIE HASCOËT

Silhouettes masquées, œuvres momifiées dans de larges pans de papier bulle, emballages empilés sur des racks construits pour l’occasion… Tout ici semble se dérober au regard. Lors d’une pause cigarette, le bas d’un visage se révèle furtivement ; à la demande d’un visiteur curieux, le carton qui emballe une sculpture s’ouvre pour en dévoiler les contours ; l’après-midi se déroule comme un jeu de cache-cache, et par intermittences, des figures émergent d’une vitrine, d’une boîte, d’un fragment de tissu. En quittant Malakoff, alors que les tours s’enveloppent dans le rose du soir, je me retourne vers le panneau de la ville qui se dresse fièrement devant une façade intégralement bâchée, comme si la ville elle-même s’était évanouie sous un large voile blanc.